Nous ne siégeons pas sur les mêmes bancs mais nous avons la République en partage, cela vaut la peine de le
réaffirmer par les temps qui courent.
Qu’est ce que la République si ce n’est l’égalité des citoyens devant la Loi, l’égalité de traitement de tous les habitants sur le territoire ?
La décentralisation n’a jamais voulu remettre en cause ce pacte républicain, seulement rapprocher les citoyens des décisions qui les concernent.
Dans toutes les collectivités, les élus ont fait mieux que l’Etat pour construire et entretenir des routes et des établissements scolaires, mieux que l’Etat pour préparer l’avenir, au seul bénéfice des habitants de ce pays. A défaut d’Etat providence, mon cher collègue Bluteau, ce sont les collectivités qui le sont et assurent un bouclier social aux populations quand le Gouvernement que vous soutenez a préféré le bouclier fiscal pour les plus privilégiés.
Mais nous arrivons aux limites de l’exercice avec l’acte II de la décentralisation qui transfère sans compenser (à l’euro, l’euro nous disiez-vous, et nous avions envie de vous croire, après tout, nous défendons les habitants du même département). Nous en sommes à 695 millions d’euros de pertes cumulées pour la Seine Saint-Denis depuis 2003. Vous ne pouvez cautionner cela.
Un exemple des injustices faites à ce département, entre autres, ce sont les 35 millions d’euros de prise en charge des mineurs isolés. Ces enfants, ces jeunes, débarquent en France pour fuir la misère ou le chaos politique de leur pays. Comme l’aéroport international est à Roissy, il nous sont adressés mais ce n’est pas en Seine Saint-Denis que leur famille les envoie (ont-ils même conscience de l’existence de notre département ?) mais en France alors que son Gouvernement fait porter aux habitants de notre département le poids d’une solidarité éminemment nationale, qui a augmenté de 66 % entre 2009 et 2010. Le Président a évoqué tout à l’heure l’impossibilité d’économies sur les 85 % de nos dépenses, qui sont obligatoires. Mais celle-ci ne devrait pas être une dépense obligatoire pour la Seine Saint-Denis. C’est un rapt national sur les finances de, notre département.
Charles Péguy a pu évoquer le long manteau d’églises et de cathédrales de notre pays. Dans notre beau département, nous avons en plus un autre long manteau de 55 crèches départementales et de 118 Centres de Protection Maternelle et Infantile. Fruit de l’histoire sociale de la Seine Saint-Denis, alors que l’accueil de la petite enfance n’est pas une compétence départementale, nous en sommes tous les dépositaires et pouvons en être fiers dans une période où les parents de ce département ont une telle nécessité de modes de garde pour accéder à l’emploi, dans une période où la précarité sanitaire gagne du terrain. C’est pourtant ce seul acquis social qui marque la différence de nos dépenses de personnel avec les autres départements et ceci n’est pas relevé par nous-mêmes mais par le DGS du département du Rhône, Claude Bartolone le rappelait tout à l’heure.
Alors si ce sont les dépenses de personnel qui posent problème, faut-il laisser les mineurs isolés à Roissy, leur fermer les portes de, nos foyers d’accueil ? Faut-il remettre en cause l’existence de nos crèches et des PMI ? Je crois qu’aucun élu de cette Assemblée ne répondrait par l’affirmative.
Alors, le découragement pourrait nous gagner devant une telle situation. Heureusement, il ne fait pas partie de notre patrimoine génétique. C’est peut-être cela le courage politique. Malgré nos difficultés, qui sont aussi les vôtres, nous avons des priorités pour ce département et nous continuerons à opposer au pessimisme de la raison l’optimisme de la volonté.
J’ai écouté attentivement mes collègues précédents, pas d’idées raisonnablement alternatives pour orienter différemment notre projet pour ce département, des critiques oui mais sans véritables contre-propositions.
Nous n’avons pas d’élections locales avant 2014, essayons de nous montrer constructifs pour une fois, tous ensemble, en ne visant pas les effets de tribune mais le seul intérêt des séquano-dionysiens d’aujourd’hui mais aussi de demain : On adorerait répondre à certaines demandes, qui sont aussi des souhaits d’entre nous, notamment pour la Carte Imagin’R. Oui, ce serait juste socialement pour les enfants d’aujourd’hui mais ce serait injuste pour ceux de demain. Face à des recettes non pérennes, pas de dépenses qui le seraient. Face à un tel contexte financier, une sorte de paix des braves pour l’avenir de la Seine Saint-Denis.





J’étais chargée d’intervenir sur les femmes en politique. J’ai tenu à confirmer que cette entrée, encore timide mais réelle, était gagnée dans l’esprit de nos concitoyens mais que l’essai restait à confirmer en interne, dans nos Partis et nos collectivités.
Par ailleurs, je suis convaincue que les villes, et notamment les villes populaires comme Bondy, ont furieusement besoin des mains et des yeux des femmes. Sans leur apport, qui féconde notre Démocratie, celle-ci aura toujours un goût d’inachevé.






































