La déclaration de François Hollande :
« Un Président qui, d’abord, respecte les Français, qui les considère. Un Président qui ne veut pas être Président de tout, chef de tout et, en définitive, responsable de rien.
Moi, Président de la République, je ne serai pas chef de la majorité. Je ne recevrai pas les parlementaires de la majorité à l’Elysée.
Moi, Président de la République, je ne traiterai pas mon premier ministre de collaborateur.
Moi, Président de la République, je ne participerai pas à des collectes de fonds pour mon propre parti, dans un hôtel parisien.
Moi, Président de la République, je ferai fonctionner la justice de manière indépendante. Je ne nommerai pas les membres du parquet, alors que l’avis du Conseil Supérieur de la Magistrature n’a pas été dans ce sens.
Moi, Président de la République, je n’aurai pas la prétention de nommer les Directeurs des chaînes de télévision publiques. Je laisserai cela à des instances indépendantes.
Moi, Président de la République, je ferai en sorte que mon comportement soit à chaque instant exemplaire.
Moi, Président de la République, j’aurai aussi à cœur de ne pas avoir un statut pénal du chef de l’Etat. Je le ferai réformer, de façon à ce que, si des actes antérieurs à ma prise de fonction venaient à être contestés, je puisse, dans certaines conditions, me rendre à la convocation de tel ou tel magistrat, ou m’expliquer devant un certain nombre d’instances.
Moi, Président de la République, je constituerai un gouvernement qui sera paritaire. Autant de femmes que d’hommes.
Moi, Président de la République, il y aura un code de déontologie pour les ministres, qui ne pourraient pas rentrer dans un conflit d’intérêt.
Moi, Président de la République, les ministres ne pourront pas cumuler leurs fonctions avec un mandat local parce que je considère qu’ils devraient se consacrer pleinement à leur tâche.
Moi, Président de la République, je ferai un acte de décentralisation parce que je pense que les collectivités locales ont besoin d’un nouveau souffle, de nouvelles compétences, de nouvelles libertés.
Moi, Président de la République, je ferai en sorte que les partenaires sociaux puissent être considérés, aussi bien les organisations professionnelles que les syndicats et que nous puissions avoir régulièrement une discussion pour savoir ce qui relève de la loi ou ce qui relève de la négociation.
Moi, Président de la République, j’engagerai de grands débats. On a évoqué celui de l’énergie. Il est légitime qu’il puisse y avoir sur ces questions-là de grands débats citoyens.
Moi, Président de la République, j’introduirai la représentation proportionnelle pour les élections législatives de 2017 car je pense qu’il est bon que l’ensemble des sensibilités politiques soit représenté.
Moi, Président de la République, j’essayerai d’avoir de la hauteur de vue pour fixer les grandes orientations, les grandes impulsions. En même temps, je ne m’occuperai pas de tout et j’aurai toujours le souci de la proximité avec les Français.
J’avais évoqué une présidence normale. Rien n’est normal quand on est Président de la République puisque les conditions sont exceptionnelles. Le monde traverse une crise majeure, en tout cas l’Europe. Il y a des conflits dans le monde, sur la planète, l’enjeu de l’environnement, du réchauffement climatique. Bien sûr que le Président doit être à la hauteur de ces sujets-là mais il doit aussi être proche du peuple, être capable de le comprendre. »
L’équipe de François Hollande s’active en coulisses pour préparer les échéances internationales et particulièrement le sommet européen de la fin juin, en prenant langue avec des proches d’Angela Merkel, qui pourtant a officiellement refusé de rencontrer le candidat socialiste. Dans son calendrier dévoilé mercredi, le député de Corrèze prévoit dès fin mai, s’il est élu, « la transmission à nos partenaires européens d’un mémorandum détaillé proposant un Pacte de responsabilité, de croissance et de gouvernance ». L’objectif est de compléter avec un volet croissance le traité de stabilité budgétaire, signé début mars par 25 Etats européens, en vue de préparer le Conseil des 28 et 29 juin. A cet effet, il doit d’abord convaincre la chancelière allemande Angela Merkel d’entrer dans une renégociation, alors qu’elle y est totalement opposée, et qu’elle a ouvertement apporté son soutien à Nicolas Sarkozy. Régulièrement attaqué par la droite sur son supposé manque de stature internationale, le candidat PS n’a pas jusqu’alors réussi à rencontrer les dirigeants conservateurs lors de ses divers déplacements, en particulier en Allemagne et au Royaume-Uni. S’ils se défendent de contacts officiels avec Berlin, les plus proches conseillers de François Hollande font état de discussions informelles. Jean-Marc Ayrault, conseiller spécial du candidat dont le nom est cité pour le poste de Premier ministre, a affirmé à l’AFP que « des messages politiques » étaient adressés à la Chancellerie. Selon ce germanophone, celle-ci « travaille sur deux hypothèses » celle d’une victoire de Nicolas Sarkozy, mais aussi de François Hollande « car ils savent qu’il a des exigences ». « L’idée que ce traité ait une dimension de croissance a des soutiens. Donc il y a un espace pour la diplomatie », affirme un haut responsable socialiste assurant que ses interlocuteurs en Espagne – qui a pourtant signé le traité – confient « que le pays ne pourra pas le respecter ». Un membre de la direction du PS se dit persuadé que « les pays conservateurs seront pour la renégociation avec une dimension de croissance ». « Ce n’est pas seulement en France qu’il y a une demande d’initiative de croissance. Les Anglais et les Italiens en demandent une. Les Polonais, les Finlandais veulent aussi un volet de croissance fort. Il n’est pas interdit de les écouter, y compris lorsqu’on est la chancelière allemande », a déclaré mardi Michel Sapin, responsable du projet Hollande. D’autant que Mme Merkel devra réunir une majorité des deux-tiers des parlementaires allemands pour ratifier le traité. Autres échéances importantes : le G8 à Camp David (18-19 mai) et le Sommet de l’OTAN à Chicago (20-21 mai), avec au programme « l’annonce aux partenaires du retrait des troupes d’Afghanistan d’ici fin 2012″ et des discussions sur le commandement intégré. Jean-Yves Le Drian, le « Monsieur défense » de l’équipe Hollande, s’est rendu début mars à Washington pour s’entretenir avec des collaborateurs du secrétaire à la Défense, Leon Panetta, et de la secrétaire d’Etat, Hillary Clinton. Il est attendu le 10 avril à Bruxelles pour des discussions sur l’Otan et les institutions européennes. Pour les socialistes, qui avaient vivement critiqué le retour de la France dans le commandement intégré de l’Otan, décidé par Nicolas Sarkozy, il ne s’agit pas de le quitter mais de relancer « la défense européenne » et d’obtenir « une place importante dans l’état major » de l’organisation transatlantique. Pour le retrait des troupes françaises d’Afghanistan annoncé par Hollande pour la fin 2012, Pierre Moscovici, qui a fait le voyage aux Etats-Unis fin mars, a assuré mercredi sur TV5 Monde qu’il se ferait « en concertation avec nos alliés », soulignant la nécessité de « discussions sur les aspects logistiques, l’engagement financier etc. » Un autre responsable socialiste insiste aussi sur la concertation et l’importance de définir les conditions du retrait.
