révolte

Budget de révolte du CG 93 : texte de l’intervention de Gilbert Roger

12 avril 2010

Monsieur le Président,

Chers Collègues,

Mesdames, Messieurs,


Nous nous retrouvons aujourd’hui réunis pour un moment important dans la vie d’une collectivité : le vote du budget primitif. Celui de notre département, la Seine Saint Denis, 1,6 millions d’habitants (es), l’un des plus peuplés de France. Je tiens, auparavant, à remercier la direction générale, l’ensemble des chefs de service et les agents qui ont beaucoup donné de leur temps et ont accepté les efforts demandés pour ce budget 2010.

Celui-ci est présenté dans un contexte national de crise profonde.


Les Français et plus particulièrement les Sequano-dionysiens ont montré, par leur vote, voire même par leur abstention, lors des dernières élections régionales, leur désarroi, leur inquiétude, leur colère, jusqu’à leur révolte face aux coups que le Gouvernement, sous l’impulsion du Président de la République,  leur assène. Je dirais avec humour : des réformes, des réformes oui, mais des réformes plus justes.


Or tel n’est pas le cas actuellement. Nous sommes le département qui avons la population la plus jeune, certes, mais aussi la plus touchée par la crise. Nous devons donc répondre plus que d’autres à la demande sociale en y consacrant une part toujours  plus importante.

C’est de notre responsabilité, puisque le gouvernement dédaigne notre territoire. Tous les mauvais coups sont permis : moins de dotations, plus de transferts.


Mais aujourd’hui il faut le dire et le répéter : les collectivités territoriales sont mal menées, toujours suspectées d’être « riches » et chargées années après années de compétences nouvelles jamais correctement compensées. Je parle pour l’ensemble des collectivités : communes, départements, régions. Le président de l’Association des Départements de France (ADF), Claudy Lebreton le disait fort bien : les charges sociales non compensées aux départements ont représenté 3,8 milliards d’euros en 2008, 4,2 en 2009.


Mais je vous entends déjà, Madame et  Messieurs de la Droite, affirmer que cette « bronca » ne vient que des départements de gauche. Eh bien non ! Car si l’on en croie l’Association des Départements de France, cette situation dramatique touche ainsi autant les départements de gauche, que ceux de droite, car la réforme est la même pour tout le monde. Je vous rappelle que le bureau de l’ADF votait à l’unanimité – je dis bien – unanimité y compris vos collègues de la droite et du centre, le 9 mars dernier une délibération qui invitait l’Etat à accroître le financement national de ces allocations universelles dans le cadre du pacte républicain.


Comme je l’avais rappelé à Monsieur le Préfet, à l’automne dernier, l’Etat ne peut ignorer le mécontentement et la défiance des élus (es) locaux sur les projets gouvernementaux

Se rend-il compte de la façon dont il nous étrangle ?

Les exemples sont nombreux tel le fameux bouclier fiscal qui nous ponctionne du cynique « ticket modérateur » alors que le richissime département des Hauts de Seine n’en paie comme par hasard pas.


L’Etat charge la barque chaque jour. Regardez ces routes nationales délabrées sans entretien et qu’on nous confie sans un sou pour au moins les mettre à niveau de sécurité.

Je l’avais dit, personne y a cru, et c’est fait…Même l’autouroute A3 qui, de porte de Bagnolet à Roissy CDG, est un axe majeur, est désormais plongée dans le noir. Quelle transition avec les tunnels rutilants de peinture et lumières à Neuilly/La Défense !


Que ferons-nous quand nous ne pourrons plus financer le RSA, l’APA ? Une fois encore on décharge sur autrui ce qu’on ne peut plus payer. Ce gouvernement est indigent, alors il fait payer aux autres son incapacité chronique.

« Les départements de France seraient dépensiers ! » la bonne excuse, la fausse excuse ! En réalité les départements sont …Trop à gauche alors il faut les faire disparaître – en douceur- car cela gronde aussi dans les pays ruraux. La direction des collectivités territoriales (le gendarme du Ministre de l’Intérieur)  l’avoue : en 2011, pas moins de 62 conseils généraux seront au bord du gouffre. On nous tue à petit feu et en plus le gouvernement attend de nous qu’on liquide le mouvement des  associations culturelles, sportives, et autres ?


Et ne nous faites pas le procès de la mauvaise gestion comme  Monsieur Marleix, l’homme aux ciseaux d’or, qui aime charcuter les circonscriptions pour essayer de sauver l’UMP en 2012. Plutôt que de nous jeter au visage les emprunts toxiques, il ferait mieux avec les autres Ministres de remplir les caisses de l’Etat pour nous rembourser notre dû. Quant à notre virtuelle mise sous tutelle, laissez moi rire, s’il existe une collectivité qui devrait être sous tutelle c’est bien l’Etat. Vous me direz après la Grèce, c’est peut être ce qui nous attend au FMI, cocasse non ?

Revenons à notre département.


A minima, le gouvernement nous doit 74 millions d’euros. Dès lors ce budget en tient compte et à livres ouverts, nous pouvons aisément prouver ce dû ! Que l’Etat  vienne autour de la table pour signer le chèque ou expliquer aux citoyennes et citoyens de nos quartiers populaires qu’une fois encore il se moque de nous !

Car depuis 2008, nous avons pris nos responsabilités et toutes nos responsabilités. Et nous les prendrons cette année encore.

Ne nous trompons pas d’ennemis.

OUI nous voulons donner à nos habitants plus de culture,

OUI nous voulons donner à nos habitants plus de sport

OUI nous voulons donner à nos habitants plus de solidarité

OUI nous voulons donner à nos habitants plus d’emplois.


Nous ne voulons, les socialistes, la peau de personne, mais nous ne pourrons continuer ainsi, car comme l’avait si bien dit Azzedine l’an dernier au même moment : Face à la crise, on n’est pas dans le monde des Bisounours, on est dans un monde réel où les inégalités sont criantes. Et je rajouterai : on est dans un monde où des choix parfois difficiles, parfois cruels doivent être pris. François Mitterrand l’a bien résumé en disant que l’action politique, à certaines heures, est comme le scalpel du chirurgien, elle ne laisse pas de place à l’incertitude.

Mais je reste convaincu que nous donnerons à notre département et ses habitants la vision d’une Seine Saint-Denis pleine d’avenir.


Je vous remercie.

Budget de révolte du CG93 : intervention de Gilbert Roger

11 avril 2010



Gilbert_Roger
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Un budget de révolte en Seine-Saint-Denis !

9 avril 2010

itw Bartolone – Budget Seine-Saint-Denis
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