
Sur fond de crise intense, la réforme des retraites qui suscite une phénoménale réprobation d’opinion de la part de près de 7 citoyens sur 10 sera finalement adoptée lors de son deuxième passage à l’assemblée nationale.
Il faut dire qu’en face de nous, il y a un Président de la République qui n’admet pas que les inégalités sociales puissent provoquer les mouvements de rue auxquels nous avons participé ces temps ci.
Tel un Monarque dominateur, il préfère sacrifier sans égard la légitimité d’une majorité de citoyens profitant des mouvements sociaux pour mettre en évidence la grande précarité existentielle qu’ils subissent au quotidien, droit dans son déclaratif, alors que nous subissons de scandaleuses affaires bancaires, sans oublier l’affaire Bettencourt, bref la France qui gagne beaucoup, qui triche et qui est protégée, il déroge au droit démocratique des parlementaires de l’opposition pour faire passer sa réforme.
Pour autant, il faut admettre que la coupe est pleine et déborde, il est légitime de refuser moralement cette indécente réforme des retraites, la solidarité préconisée et obligée par le Maître du pays. Nous les citoyens travailleurs et ou malheureusement chômeurs nous serons les seuls à la supporter.
Cette réforme sans vision d’avenir quant à la pérennité des finances nécessaires au paiement des pensions aurait eu plus de sens si nos dirigeants n’avaient pas mis la charrue devant les boeufs en émettant l’hypothèse de lever le bouclier fiscal après le vote de cette injuste et infâme réforme.
Le Monarque, fort en communication, a triché au travers de comparatifs européens où l’on ne travaille pas plus qu’en France, par contre maintenant il est une certitude, la combinaison des durées de cotisation et les limites d’âge élevées à venir, feront de la France, l’un des plus durs systèmes de retraite d’Europe.
Alors dans cette France où le chômage des femmes, des jeunes et des seniors ne baisse pas, où il y a quelques millions de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, où la dette publique va grandissant, où les riches continuent à s’enrichir, où les pauvres deviennent de plus en plus pauvres et où parfois les écarts de salaires et revenus sont scandaleux, il est politiquement grand temps de sortir le Président pour abus de faiblesse et le réformer pour son incapacité à gérer le pays et ses souffrances.
Les mouvements sociaux que nous vivons actuellement s’identifient à un important soulèvement contre l’injustice sociale à divers niveaux, où nous socialistes, représentants majoritaires de la gauche, avons devant nous une véritable autoroute aux barrières levées, nous avons le devoir de répondre sans faiblesse aux attentes populaires, par notre volonté et notre capacité d’union des forces de gauche, ne décevons pas toute cette France qui a un grand désir de reconnaissance et de dynamisme à nous donner en retour.