le magasine ELLE

Etats généraux de la Femme à Bondy

30 mars 2010

Le Journal ELLE avait décidé, 40 ans après ses premiers Etats Généraux des femmes, en 1970, de relancer l’initiative afin d’étudier les avancées réelles du Droit. Après Marseille, Lyon, Lille et Paris, c’est à Bondy qu’ils ont planté une dernière fois leur tente samedi dernier, à l’Ecole Supérieure de Journalisme, le matin, et à la bibliothèque Diderot l’après-midi.

elle3.jpgJ’étais chargée d’intervenir sur les femmes en politique. J’ai tenu à confirmer que cette entrée, encore timide mais réelle, était gagnée dans l’esprit de nos concitoyens mais que l’essai restait à confirmer en interne, dans nos Partis et nos collectivités.

Combien de colloques et de débats, autour de ce 8 mars, sur le rôle et la place des femmes en politique alors que la question du rôle et de la place de l’homme n’est jamais évoqué ? Elle va de soi.

Quid de l’heure des réunions, toutes entre 18 h et 20 h, pénalisant les élues femmes et les cadres féminins de nos administrations.

Quid aussi du type de délégations trop souvent confiées à des femmes (l’éducation, la santé, le social) alors que le «  dur  » (les finances, l’urbanisme) est réservé aux hommes.elle2.jpg

Les gens engagés, en politique bien sûr , mais aussi dans le monde syndical ou associatif, sont des extra-terrestres dans cette société qui défend plutôt les valeurs individuelles. Mais les femmes le sont encore plus, qui doivent concilier vie professionnelle, vie familiale avec un engagement. C’est la raison pour laquelle on les trouve peu, dans nos Partis et dans les fonctions électives, entre 30 et 50 ans.

Je continue à exercer mon métier de sage-femme, certes à mi-temps, mais je suis attachée à la fois à ma profession et au fait de me lever pour aller travailler, comme les gens que je représente dans mes mandats électifs. Avec deux enfants à la maison, mes fonctions de première adjointe au Maire de Bondy et de conseillère générale de Seine Saint-Denis, l’ensemble nécessite une organisation solide et une réussite au prix de fréquents découragements et d’énormément de culpabilité notamment à l’égard de mes filles. Comprennent-elles que mon engagement est en prise directe avec le Monde que je souhaite leur léguer, la ville qui se construit pour elles et leurs camarades ?

Les moments de doute existent mais j’en ressors chaque fois plus déterminée à faire de cette faiblesse relative une force. C’est parce que nous sommes toujours préoccupées des nôtres que nous avons un autre rapport à la politique, moins dans le Verbe, plus dans l’action, le concret et la proximité. Ce rapport là doit contribuer à donner du sens, pour nos concitoyens, à l’action politique.

elle1.jpgPar ailleurs, je suis convaincue que les villes, et notamment les villes populaires comme Bondy, ont furieusement besoin des mains et des yeux des femmes. Sans leur apport, qui féconde notre Démocratie, celle-ci aura toujours un goût d’inachevé.

De nombreuses prises de parole de jeunes femmes du Bondy Blog, de responsables associatives ou syndicales, m’ont confirmé qu’elles comprenaient bien le message et pouvaient le partager. Mon amie Corinne Bord, nouvelle conseillère régionale depuis dimanche 21 mars, est également intervenue pour apporter l’exemple de ce que devrait être une Région équitable pour les femmes en matière de formation professionnelle ou de politique de la Ville.

Un grand MERCI à toute l’équipe de ELLE qui a choisi notre ville comme étape de ses Etats Généraux.