Laurent Quinet

Retour sur le discours de Martine Aubry : Bondy citée pour l’exemple

30 août 2010

Un passage du discours de clôture de Martine Aubry aux universités d’été du Parti Socialiste doit être mis en exergue par rapport au débat sur l’insécurité lancé avec opportunisme par le gouvernement cet été. Photo


Extrait du discours de Martine Aubry (29/08/2010, La Rochelle) :  » (…) La violence est une réalité dans nos sociétés et les citoyens la vivent d’autant plus durement qu’ils ont l’impression d’une impuissance collective face à elle. (…) Dans nos villes, nous sommes au premier rang. Nous savons de quoi nous parlons. Des expériences très innovantes sont conduites localement par nos élus, je pense à « l’office de tranquillité » à Toulouse, au dispositif de « risposte graduée » à Aulnay-sous-Bois, aux « citoyens référents à Aubervilliers », « aux cellules de veille » à Lille, à la « maison des parents » désorientés face à la violence d’un enfant à Bondy, au «groupe opérationnel contre la violence en bande à Sarcelles », à « l’éducation à la citoyenneté » à Créteil, mesure judiciaire pour les mineurs de 13 à 18 ans initié par la ville et le juge des enfants. Nous tirons les enseignements de toutes ces expériences pour inventer une nouvelle politique de sécurité avec l’exigence impérative de résultat. Aucune approche n’est exclue. »


Les élus locaux expérimentent sur le terrain des approches innovantes pour répondre à l’enjeu de la sécurité de nos concitoyens. C’est notamment le cas à Bondy. Des expériences qui ne pourront avoir un effet plein et entier que si elles sont relayées à l’échelon national et gouvernemental. C’est de la responsabilité du PS de s’inspirer de ces approches concrètes et éprouvées pour construire son projet 2012.

Woerth plus que jamais Ministre des rentiers

4 août 2010
Lecture de Libé ce matin : en 2008, Eric Woerth a consenti 27 millions d’euros d’allègements fiscaux dans le cadre de la succession du Sculpteur César.


Laissons la parole à la défense…Selon le Cabinet de Woert,  »l’article du journal Libération sur la succession du sculpteur César, qui avait déjà été l’objet d’un article du même journal il y a plus de deux ans, est gravement erroné dans son contenu. Dans ce dossier, Eric Woerth, lorsqu’il était ministre du Budget, a strictement suivi la proposition de l’administration fiscale, qui elle même tirait les conséquences d’une décision de justice. Contrairement aux insinuations et aux erreurs de l’article du journal Libération, tout a été fait dans le respect du droit fiscal. Sur ce sujet comme sur d’autres, il ne suffit pas de prétendre qu’il y a une « affaire » pour que ce soit le cas. »



Antoine Chatain, avocat d’Alain-Dominique Perrin (exécutant testamentaire de César), indique quant à lui :  »Compte tenu du caractère majeur de l’oeuvre de César, il n’y a rien d’étonnant à ce que des discussions aient pu avoir lieu au plus haut niveau de l’Etat, et ce sans qu’aucune conclusion puisse en être tirée. « 

...Avant de tirer, une fois de plus, sur l’ambulance Woerth.

Ne croyez pas que je prenne la défense du Ministre de l’optimisation fiscale des riches rentiers de la République. En fait, ça en devient lassant de tirer à boulets rouges sur lui. Il s’accroche désespérément à une position intenable car si la digue Woerth cède, tout le « Sarko système » s’écroulera. D’où toujours cette même antienne psalmodiée à l’envie depuis deux mois :  » ce ne sont que des allégations sans fondement.  » Technique de l’Autruche qui ne résiste pas à l’épreuve des faits. Toutes les affaires mises au jour par la Presse (qui semble, soit dit en passant, enfin sortie de sa torpeur des 3 premières années de Sarkozye) repose sur des éléments tangibles, recoupés, démontrés et parfois validés par décision de justice (les écoutes dans l’affaire Bettencourt).

Pour le cas spécifique de la succession Cesar, la défense d’Alain-Dominique Perrin, Président de la Fondation Cartier et généreux donateur de l’UMP (il a reçu la Légion d’Honneur en 2009; toute similitude avec des faits démontrés dans une autre affaire étant purement fortuite, hein ?) est par ailleurs totalement disqualifiée. En effet, le dégrèvement de 27 millions d’euros serait justifié au regard du caractère majeur de l’oeuvre de César. Les rentiers de l’Etat UMP osent tout ! C’est d’ailleurs à ça qu’on les reconnait… Ainsi, parce que César était un artiste de renom, dont le talent fut reconnu mondialement, il faudrait que ses héritiers bénéficient de largesse de l’Etat et donc du contribuable (qui paie pour ceux qui ne paient pas) !? Ah, je ne savais pas que sa veuve, sa maîtresse et sa fille (les héritiers) avaient toutes travaillé d’arrache-pied dans les ateliers du maître pour l’aider à concevoir ses sculptures. A moins qu’il y ait une niche fiscale qui reconnaisse le statut particulier au regard de l’impôt des Muses d’artistes ? Nous sommes, une fois de plus, en plein foutage de gueule.

Au-delà de ce nouvel épisode lamentable de la chronique quotidienne de la Sarkozye, quelle conclusion politique en tirer ? Je crois profondément qu’il faut désormais combattre de toutes nos forces les déviances du capitalisme des rentiers, des héritiers et des privilèges. Dans la perspective de 2012, il est de la responsabilité des forces politiques de gauche et de progrès de nous proposer un projet qui en finisse avec cette société des inégalités croissantes promue, voulue par le néoconservateur Sarkozy.




Les roms : le cynisme de Sarkozy & co. sans limite

30 juillet 2010


 

 

Plus de 400 000 gens du voyage sont recensés en France selon un rapport de 1990 : 95 % d’entre eux sont des Français et un tiers des nomades. Les Roms, qui sont des Tziganes de nationalité roumaine, bulgare et d’Europe centrale, forment une minorité, 20 000 âmes tout au plus. Une minorité qui vit le plus souvent des situations d’une extrême précarité matérielle et professionnelle. A Bondy, en juin 2009, sur les quais du canal de l’Ourcq, une communauté s’était installée dans des conditions déplorables (absence d’eau potable, abris en cartons de récupération, aucune évacuation des détritus). A cela s’ajoutaient les passants qui les dévisageaient avec mépris, les riverains qui voulaient les voir partir au plus vite par peur de la mendicité et du vol. Inutile de vous dire que leur expulsion par les forces de l’ordre s’était faite manu militari…



Pourtant, ces gens extrêmement pauvres n’ont strictement rien à voir avec les responsables des exactions de Saint-Aignan. Ces gens ne possèdent pas de grosses voitures allemandes et sont bien en peine de frauder le fisc puisqu’ils sont dans une situation de total dénuement. Mais voilà, dans son cynisme politicien si caractéristique, Sarkozy, accompagné de ses affidés Hortefeux, Besson et Lellouche a tout de suite vu l’aubaine électoraliste et populiste. Les « honnêtes gens » ont toujours peur des voleurs de poule tziganes, c’est tout bon pour rameuter l’opinion publique droitiste, frontiste et réac’. On serre les rangs bien à droite et on jette un énième écran de fumé sur le mode de ce que l’on a connu avec l’identité nationale, les petites phrases scandaleuses de plusieurs membres du gouvernement et la burqa.


Qu’importe. La Mère Michu votera en 2012 pour bouter hors de France ceux qui volent le pain des bons français. Et qu’importe que Sarkozy serve cette soupe immonde depuis 2002 sans effet positif notable sur la tranquillité publique, il s’agira de siphonner encore les voix du FN. Madame Michu vous dira d’ailleurs que « lui au moins il essaie de faire quelque chose mon bon monsieur, c’est pas comme ces gauchistes pédés, bobos, black et beurs. »


Et en 2007, Sarkozy avait su séduire le monde ouvrier avec son « travailler plus pour gagner plus ». En 2012, il ne pourra pas servir de nouveau cette fable. Mais, il pourra leur expliquer qu’il est le dernier rampart contre ces tziganes en Mercedes, eux qui ont des fins de mois difficiles. L’autre, celui qui est différent, c’est le danger, l’ennemi. Un tel cynisme abject, en temps de crise, ça peut être une « bonne » planche de salut électoral. Qu’importe que les gens du voyage qui ont des voitures allemandes et des caravanes soient français, paient des impôts et ont des activités professionnelles déclarées. L’amalgame aura été fait. Au fait, tracter une caravane avec une Twingo, vous avez essayé ?


Toutefois, il ne faut pas nier certaines difficultés. Les familles de gens de voyage s’installent parfois où elles peuvent, sur des terrains sauvages, un triangle d’autoroute ou un stade de foot. Ou alors elles restent sur l’aire d’accueil pour ne pas se faire piquer la place, comme il manque des places ailleurs. Les maires ensuite ne comprennent pas : gens du voyage ou sédentaires ? Ces populations veulent rester mobiles pour des raisons culturelles et économiques. Il faudrait alors mieux appliquer la loi Besson de 1990 (du nom de Louis Besson, le ministre du logement de l’époque) sur les aires d’accueil. Or, par rapport aux objectifs du législateur, on est à 40% de réalisation au bout de 20 ans…






Nous sommes tous des grecs !

25 avril 2010

La Grèce sollicite l’activation du mécanisme d’aide du Fonds Monétaire International (FMI) et de l’Union Européenne (UE) mais l’Allemagne traîne (encore) des pieds.

Le gouvernement grec actuel (qui, rappelons le, n’est pas celui qui a maquillé les comptes publics) a déjà augmenté la fiscalité, repoussé de deux ans l’âge de la retraite, baissé les salaires des fonctionnaires, arrêté de remplacer ceux qui partent à la retraite,… Un plan de rigueur encore bien plus important s’annonce qui empêchera ainsi, en période de récession, toute possibilité de relance publique de l’économie nationale.

La crise grecque, malheureusement, met en lumière l’absence de politique européenne de coopération, voire de solidarité, budgétaire, fiscale et sociale. L’UE ne peut déployer des politiques économiques cohérentes telles qu’une harmonisation les conditions sociales et fiscales. C’est pourtant la voie à suivre pour sortir de l’impasse actuelle et réduire les déséquilibres entre des pays comme l’Allemagne et ses énormes excédents extérieurs et les fameux PIGS (cochons – c’est-à-dire Portugal, Ireland, Greece, Spain en anglais). Ces soi – disants mauvais élèves de la zone euro sont pourtant, à la faveur d’une forte consommation interne, des débouchés européens de premier choix pour l’Allemagne. Ce qui n’empêche pas Madame Merkel, sous la pression de son calendrier électoral (des élections régionales dans quelques jours), d’essayer de freiner le processus d’aide à la Grèce.

Demain, le Portugal puis l’Espagne, l’Irlande, voire la France, pourraient se retrouver dans la même situation que la Grèce. Mais les perdants ne sont pas que les Grecs aujourd’hui ou les Portugais demain : c’est l’ensemble des citoyens européens, qui paient au prix fort la crise économique. Nous sommes tous des grecs. Les gagnants sont, eux, du côté de l’industrie financière, responsable de la crise économique, puis sauvée par les contribuables sans réelles conditions. C’est elle qui impose encore et toujours ses règles aux gouvernements et spécule à son profit sur leur possible faillite.

Nous devons changer de modèle économique et social pour que cesse le diktat actuel des marchés financiers. Nous devons construire une Europe solidaire et sociale. Le PS en France et à l’échelon européen s’y atèle déjà sans relâche.

Laurent QUINET

Notre projet pour la région : des transports modernes, réguliers et propres.

25 février 2010

Les Franciliens ont besoin de confort, de sécurité, de ponctualité dans leurs transports

Notre ambition : convaincre nos concitoyens d’utiliser les transports en commun pour fluidifier nos routes tout en luttant pour la préservation de l’environnement.

Dans cette perspective, nous proposons des projets très concrets pour développer l’attractivité de notre région et tenir compte des difficultés sociales des plus fragiles :

-          la carte IMAGIN ‘R pour tous les jeunes de moins de 26 ans non salariés ;

-          des transports gratuits pour les jeunes en insertion ;

-          poursuivre la modernisation de tous les RER et prolonger le RER E vers Mantes ;

-          renforcer la présence humaine dans les gares ;

-          développer l’information aux usagers ;

-          des bus en site propre en moyenne et grande couronne ;

-          6 nouveaux tramways ;

-          des transports en commun toute la nuit du samedi au dimanche.


Faire le choix de Jean Paul Huchon et d’Abdelhak Kachouri dès le 14 mars 2010, c’est faire le choix  des transports propres, efficaces et accessibles à tous !

Même la police descend dans la rue !

7 décembre 2009

Aujourd’hui les policiers manifestent « leur immense ras-le-bol » !

A cette occasion, les représentants des forces de l’ordre ont remis une « lettre aux citoyens » afin de nous alerter sur l’entreprise de démolition (une de plus) d’un service public supplémentaire, la Police Nationale.

A l’heure où le gouvernement de droite fourbit son discours populiste et électoraliste en agitant le chiffon rouge de l’identité nationale, à l’heure où ce même gouvernement essaie de nous « vendre » comme nouvelle avancée sécuritaire la vidéosurveillance, les policiers dénoncent la politique du chiffre, un ministre de l’intérieur déconnecté des réalités de terrain, une exposition permanente aux violences dans un contexte de baisse systématisée des effectifs. In fine, c’est la sécurité des citoyens qui est en danger à cause de la politique de M.Sarkozy.

A l’image de l’éducation nationale et de la Poste, ce gouvernement a décidé de détruire systématiquement une certaine idée du service public fait pour le plus grand nombre, pour les plus faibles, partout sur le territoire. Boulevard Saint-Germain et sur les Champs – Élysées, où vivent nos élites, la police est visible. Qu’en est-il dans nos quartiers ? La police de proximité a été purement et simplement supprimée. Après plusieurs années d’une politique contre-productive,  voilà que Monsieur Hortefeux et son inspirateur, le Président Sarkozy, nous proposent la vidéosurveillance. Ils « oublient » au passage de dire qu’elle est déjà déployée dans les communes, financée le plus souvent sur des budgets de collectivités et bien entendu, même si elle est nécessaire et dissuasive, elle ne remplace pas la présence de policiers.

Il est temps que les masques tombent ! Monsieur Sarkozy s’est fait élire sur son image de « 1er flic de France » et, depuis lors, il ne cesse de vanter le recul de l’insécurité. Thème épuisé jusqu’à la corde puisque dans tous les autres domaines de la politique gouvernementale, il va, de manière évidente, d’échec en échec. Mais comment peut-on encore le croire alors que même les fonctionnaires de police dénoncent l’incurie gouvernementale en matière de sécurité ?

Comment peut on encore le croire, quand sa ministre chargée du Plan Banlieue avoue que les moyens donnés sont très faibles et que l’emploi, la mixité sociale, l’éducation, l’insertion, le pouvoir d’achat qui sont des leviers déterminants pour lutter contre l’insécurité, sont méprisés par le gouvernement de droite !

La sécurité est un enjeu politique des plus importants, il doit être abordé avec sérieux et responsabilité, dans une approche globale.

M.Sarkozy traite cette question cruciale uniquement en terme de variable d’ajustement électoral, créant les peurs et alimentant la division et l’exclusion.

Les policiers eux mêmes lui disent STOP !

Laurent QUINET