Laurent Quinet

La crise ? où en sommes nous ?

28 mai 2011

« Petit dèj Formation » ce samedi matin.

Notre ami et camarade, Laurent Quinet, a animé le débat.

Au menu : la crise

- 2008, les origines de la crise financière, économique et sociale

- 2011, la crise de la dette des Etats

- 2012, les réponses du Parti socialiste aux défis de la crise.

Un moment de convivialité, de réflexion collective et d’échanges de livres entre camarades.

Bondy : le dynamisme au service de tous !

10 janvier 2011





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Ce soir en conseil municipal nous allons délibérer sur l’élaboration du Plan Local d’Urbanisme de Bondy. Un outil clé pour définir les règles qui présideront aux futures mutations de la ville. Je reviendrai vers vous demain pour un retour sur les échanges et débats que nous aurons eu sur ce sujet ô combien stratégique pour l’avenir.  

Mais sans attendre ce document normatif, nous (les élus de la ville) sentons que Bondy s’inscrit progressivement dans une dynamique porteuse d’espoir. J’en veux pour preuve la venue du nouveau ministre de la Ville, Maurice Leroy, qui a lors de sa visite à Bondy du 6 janvier dernier officiellement entériné le tracé d’Arc Express, la nouvelle ligne de métro ultra rapide qui reliera Saint-Denis-Pleyel à Noisy-le-Grand. Un beau succès pour Jean-Paul Huchon, Claude Bartolone et Gilbert Roger qui ont ardemment porté ce projet ambitieux. Or le tracé de cette ligne comportera 2 stations (oui, 2 !) à Bondy ! La première au pont de Bondy pour assurer l’interconnexion avec le tramway T1 et le futur BHNS (Bus à Haut Niveau de Service) qui ira, en site propre, de Paris Porte de Pantin à Livry Gargan. La seconde station sera située à la Gare de Bondy pour assurer l’interconnexion avec le tramway T4 et le RER E. Il n’est point besoin d’être devin pour comprendre toutes les potentialités de ce projet pour Bondy : attractivité pour les entreprises mais aussi pour les Franciliens qui chercheront à s’installer en périphérie de Paris avec un haut niveau de desserte en transports en commun. Oui, il sera possible d’avoir des temps de trajet raisonnables (30 minutes maxi) pour les trajets banlieue à banlieue et banlieue à Paris des séquano-dyonisiens.  

Oui, je crois résolument que l’avenir est en marche à Bondy. Notre heure arrive enfin ! Et j’avoue, dusse-je paraître un peu orgueilleux, que je ne suis pas peu fier d’être acteur de projets aussi exaltants. L’avenir s’écrit tout au long du canal de l’Ourcq, au sein du territoire d’Est Ensemble notre intercommunalité, parce que c’est le nouveau relais de croissance en Ile-de-France pour les 15 prochaines années.  

Oui, Pantin, les Lilas, le Pré Saint-Gervais, Montreuil, Romainville, Bagnolet, Noisy-le-Sec, Bobigny et Bondy forment un territoire stratégique pour l’Ile de France. 400 000 habitants, des réserves foncières inégalées dans le reste de la région, un tissu d’entreprises de prestige et de pointe (Hermès à Pantin, Biocitech à Romainville, l’IRD à Bondy), un axe de transport et de vie constitué par le canal de l’Ourcq et, last but not least, des projets qui vont changer la perception de nos territoires et la vie de ses habitants.  

Les projets des territoires de l’Ourcq s’articulent en parfaite cohérence dans une dynamique de progrès : mutation du bassin du port de Pantin sur le canal pour développer l’offre résidentielle et développer l’implantation d’entreprises sur des secteurs porteurs, un port de fret et une écocité à Bobigny et, à Bondy, l’éco-ZAC du canal qui va nous permettre de :  

  • développer un secteur de logement sur les berges du canal,
  • intensifier l’offre commercial de l’ex-RN3,
  • implanter un équipement public le long du canal,
  • développer une activité innovante au nord du canal.  

La fatalité du chômage, notamment chez les moins de 25 ans (un taux supérieur à 25% !), ne pourra être vaincue qu’en valorisant nos territoires. Nous le savons et ces projets seront notre réponse sur les 5 à 10 prochaines années.    

35h : stop à la désinformation !

6 janvier 2011

                               

Les 35h seraient donc verrouillées… Pourtant, le seul verrou, le seul plafond, c’est celui de la durée maximum légale hebdomadaire du travail qui est de 48h. Les 35 h ne sont que le seuil de déclenchement des heures supplémentaires. La différence entre ces deux seuils est constituée par les 13 h supplémentaires hebdomadaires, davantage que du temps des 39 h ou il ne pouvait y avoir que 9h supplémentaires par semaine. On voudrait rogner le pouvoir d’achat des salariés que l’on ne s’y prendrait pas autrement.


Les 35h seraient un frein pour travailler plus… Certains experts éditocrates avancent même le chiffre de 150 000 emplois créés par ce dispositif au maximum ! Pourtant, la meilleure année, depuis un siècle, de la croissance de l’emploi en France, c’est l’année 2000, année de la mise en place des 35h. 400 000 emplois avaient alors été créés. Une pierre blanche dans le progrès social : moins de précaires, hausse de la masse salariale, toutes les caisses de protection sociales bénéficiaires. La France était gouvernée par la Gauche…


Les 35h feraient de la France un pays de feignants où l’on travaillerait moins qu’ailleurs… Evidemment que non ! La France est dans la moyenne européenne : la durée hebdomadaire du travail en 2007 de l’ensemble des actifs était de 37 heures en France, pour 37,3 heures dans l’Europe des 15. C’est presque une heure de plus qu’en Allemagne (36,2 h), une heure et demie de plus qu’au Danemark (35,5 h) et dans les pays Nordiques, et presque cinq heures de plus qu’en Hollande (32,2 h) ! Les pays les plus pauvres ont les durées du travail les plus longues et les plus riches les durées du travail les plus courtes ! Le « sortir de l’euro où sortir des 35 h » de Gérard Longuet mériterait un award de la bêtise politique (ou de la provocation méchante ?).


Les 35h seraient obsolètes car « anti-progrès »… De 1936 à 2000, en 64 ans, nous sommes passés de 40 h à 35 h : sur ce laps de temps, le progrès social s’est matérialisé par la conjonction de 4 phénomènes : hausse de la production, création d’emplois, travailler moins longtemps et gagner plus (si ! si !). Pourtant, un certain Jean-François Copé voudrait faire tourner la roue de l’histoire à l’envers ? Pour revenir avec la même logique demain sur les congés payés ? Sur la Sécurité Sociale ? Oui, Copé le veut, c’est un conservateur, pas un progressiste. 


Les 35h seraient responsables du blocage de la progression des salaires… Ce ne sont pas les 35h mais les patrons qui ont bloqué les salaires. Le Medef et la droite ont fait un forcing effréné pour affaiblir l’application concrète de la loi et son contrôle. Ils ont pu le faire parce qu’il n’y a pas eu assez de sanctions en cas de non-respect des 35 h et non pas, à l’inverse, parce qu’il y en aurait prétendument eu trop (de sanctions) ! 


Société des inégalités croissantes, plus que jamais en Sarkozye !

28 décembre 2010

Les grands patrons continuent d’engraisser allègrement. Le 14 décembre dernier (deux jours après mon anniversaire mais cette info n’est vraiment pas un cadeau pour les petites gens) ont nous a fait comprendre une fois de plus qu’il y aurait pour les fêtes de fin d’année le caviar et le champagne pour les uns et le hard discount pour les autres. En effet, ce jour là le gouvernement Fillon II confirmait que le SMIC ne serait pas revalorisé au 1er janvier 2011 au-delà du minimum légal, soit 1,6 %. Le SMIC concerne en France environ 2,3 millions de salariés qui gagneront désormais 1073 euros nets mensuels… c’est à peine ce que gagne en une heure les PDG du CAC 40 !

Justement, dans le même temps on apprenait aussi qu’en moyenne les salaires des patrons du CAC 40 ont atteint 3,6 millions d’euros sur l’année 2009, soit une rémunération mensuelle d’environ 300 000 euros ! Au hit parade de ces pauvres messieurs se trouvent Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan, qui a gagné la somme, aussi irréelle que stratosphérique, de 9,2 millions l’an dernier.

Un patron du CAC 40 gagne en moyenne 280 fois plus qu’un smicard ! Si l’on ramène la comparaison à Bondy, c’est encore pire, hélas… Grâce à l’INSEE et au ministère des finances, on sait que le revenu moyen d’un ménage bondynois est de 2412 euros par mois, que ce même ménage est composé de 2,7 habitants en moyenne et que, par conséquent, le revenu moyen d’un bondynois est de 892 euros par mois (inférieur au SMIC !). Un patron du CAC 40 gagne en moyenne 336 fois plus qu’un bondynois !

Avec cette décision, Sarkozy, Fillon & co. réaffirment une fois de plus la froide cohérence de leur politique : servir les intérêts d’une minorité de riches et instaurer chaque jour un peu plus une société des inégalités croissantes comme on la connais déjà outre-atlantique.

La gauche doit mettre au cœur de son projet pour 2012 la redistribution des richesses par une hausse importante des salaires. N’oublions pas que 50 % des travailleurs gagnent moins de 1600 euros par mois dans notre pays. La deuxième grande mesure à envisager serait un plafonnement des revenus autour de 30 000 euros par mois pour les dirigeants des grandes entreprises.

C’est un choix politique à faire : on ne peut servir à la fois Neuilly-sur-Seine et Clichy-sous-Bois. Pour moi, la priorité est évidente… D’ailleurs, le récent projet socialiste sur l’égalité réelle évoque un salaire maximum. Il faut redistribuer les richesses, c’est une urgence sociale !

L’Aide médicale d’Etat, c’est terminé !

4 novembre 2010

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Comme prévu, l’Assemblée nationale a décidé hier soir de rendre payant l’accès à l’Aide Médicale d’Etat (AME) destinée aux personnes étrangères en situation irrégulière. Mis en place en 1998, le dispositif permettait aux sans-papiers résidant en France depuis plus d’un trimestre et disposant de ressources inférieures à 634 euros par mois de bénéficier de soins gratuits. Il le faudra désormais s’acquitter d’un droit d’entrée de 30 euros.
 
Le gouvernement avec cette mesure continue de caresser l’électeur frontiste dans le sens du poil en justifiant cette mesure inhumaine par la volonté de casser les filières de fraude. On voit bien là le discours sous-jacent : « électeur du FN, vois-tu comment nous luttons contre ces étrangers qui viennent se gaver d’aides sociales en France !? ». Abject.
 
Par ailleurs, les « bénéficiaires » du nouveau système devront « apporter la preuve qu’ils résident bien en France. » Comme dirait le toujours excellent et percutant Jegoun « maintenant, les gens devront prouver qu’ils sont bien en situation irrégulière chez nous ». Et le piège se refermera… Pour se faire soigner il faudra se déclarer à l’administration française et ensuite les spadassins Hortefeux et Besson n’auront plus qu’à préparer les vols charter. Esprit de Vichy es-tu là ? 

L’économie de proximité : à Bondy les Elus y travaillent au quotidien.

26 octobre 2010

En 2009 un peu plus de  2 000 entreprises artisanales ont été immatriculées dans  notre département de Seine-Saint-Denis, 90 % des entreprises sont issues d’une  création et 10 % ont été créées par la reprise d’activités déjà existantes.

C’est particulièrement dans l’activité du Bâtiment que le taux le plus élevé d’immatriculations est significatif. 

Les autres secteurs « porteurs » dans notre Département sont fléchés de façon suivante:

·         Alimentation = 14 %

·         Fabrication = 12 %

·         Services = 27 %

·         Bâtiment = 46 % 

La crise ayant  affecté en premier les industries et les programmes immobiliers, en conséquence les entreprises du secteur « bâtiment » étroitement liées aux commandes des groupes industriels et investisseurs du tertiaire sont les plus affectées.

Concernant les fonds de commerce les plus sollicités c’est le secteur alimentaire avec 67 % ( 36 boulangeries, 208 ventes à emporter, 18 boucheries-charcuteries, 7 poissonneries..) et celui des services 27% ( 5 laveries,54 coiffures, 7 ambulances, 111 nettoyages des locaux..). 

A Bondy, pour l’année 2009, le nombre d’immatriculations est situé dans le segment de 50 à 100.

Dans notre commune, la répartition des entreprises artisanales en 2008 était de 61 et de 66 en 2009 (soit + 4%).

Bondy est situé dans les 17 communes de Seine-Saint-Denis (sur 41) à accueillir des nouvelles entreprises et ainsi développer de l’emploi de proximité.

Si les activités de services aux particuliers, dépendant de la consommation des ménages, tiennent le coup, c’est la qualité de service qui maintient la fidélité de leur clientèle.

Les Elus de Bondy ne restent pas bras croisés devant tant de difficultés bien au contraire ! Nous nous mobilisons à chaque fois que possible pour aider à l’implantation d’un nouveau commerce, d’une entreprise ou de la re-configuration d’un marché non sédentaire (sur la place Nicole Neuburger par exemple). Mais c’est aussi en portant avec réflexion certains programmes d’investissement tels que les futurs  locaux d’activités (ZAC Des Carrouges et immeuble tertiaire à la gare) que nous préparons l’accueil des nouvelles entreprises.

C’est un travail de fond et de patience mais c’est notre volonté quotidienne d’assurer le meilleur Avenir pour Bondy !

Sénat : 177 voix pour, 153 voix contre…

22 octobre 2010

C’est le résultat du vote du sénat, ce soir, pour l’adoption de la loi réformant notre régime de retraite.

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C’est l’adoption d’une des lois les plus iniques que la cinquième République ait jamais portée en son sein. Injustice d’autant plus fortement ressentie qu’il y a eu un indiscutable déni de démocratie de la part du gouvernement pour faire adopter le texte. Aujourd’hui au Sénat, le gouvernement a imposé une procédure d’urgence, celle du vote unique, afin d’empêcher l’examen des amendements et de clore les débats. Déjà, à l’Assemblée Nationale, le texte avait été adopté à la hussarde. Déjà, au printemps et durant l’été, la consultation des syndicats a été une supercherie, une mascarade. Il n’y a pas eu de négociation, ni même de dialogue social sur le contenu de la réforme.


Aucune reconnaissance de la pénibilité, les ouvriers, les petits salaires, les femmes, tous vont cracher au bassinet. Pendant ce temps, les plus riches, gavés de retraites chapeaux, pourront se féliciter d’avoir protégé leur patrimoine grâce au maintien du triple A de la France. Jusque là le déclassement social des classes moyennes et des ouvriers n’était qu’un fantasme. Monsieur Sarkozy va en faire une réalité. C’était pourtant lui qui affirmait en mai 2008, « Revenir sur la retraite à 60 ans ? Je dis que je ne le ferai pas, je n’ai pas de mandat pour cela ».


Il va falloir que la Gauche se réveille et engage une vraie démarche idéologique pour 2012. Car je vous le dis, ne vous bercez pas d’illusion sur la cote de popularité du Président de la République, il marque des points dans la perspective de 2012. Le storytelling va pouvoir battre son plein, les retraites étant désormais le marqueur du candidat



Retour sur le discours de Martine Aubry : Bondy citée pour l’exemple

30 août 2010

Un passage du discours de clôture de Martine Aubry aux universités d’été du Parti Socialiste doit être mis en exergue par rapport au débat sur l’insécurité lancé avec opportunisme par le gouvernement cet été. Photo


Extrait du discours de Martine Aubry (29/08/2010, La Rochelle) :  » (…) La violence est une réalité dans nos sociétés et les citoyens la vivent d’autant plus durement qu’ils ont l’impression d’une impuissance collective face à elle. (…) Dans nos villes, nous sommes au premier rang. Nous savons de quoi nous parlons. Des expériences très innovantes sont conduites localement par nos élus, je pense à « l’office de tranquillité » à Toulouse, au dispositif de « risposte graduée » à Aulnay-sous-Bois, aux « citoyens référents à Aubervilliers », « aux cellules de veille » à Lille, à la « maison des parents » désorientés face à la violence d’un enfant à Bondy, au «groupe opérationnel contre la violence en bande à Sarcelles », à « l’éducation à la citoyenneté » à Créteil, mesure judiciaire pour les mineurs de 13 à 18 ans initié par la ville et le juge des enfants. Nous tirons les enseignements de toutes ces expériences pour inventer une nouvelle politique de sécurité avec l’exigence impérative de résultat. Aucune approche n’est exclue. »


Les élus locaux expérimentent sur le terrain des approches innovantes pour répondre à l’enjeu de la sécurité de nos concitoyens. C’est notamment le cas à Bondy. Des expériences qui ne pourront avoir un effet plein et entier que si elles sont relayées à l’échelon national et gouvernemental. C’est de la responsabilité du PS de s’inspirer de ces approches concrètes et éprouvées pour construire son projet 2012.

Woerth plus que jamais Ministre des rentiers

4 août 2010
Lecture de Libé ce matin : en 2008, Eric Woerth a consenti 27 millions d’euros d’allègements fiscaux dans le cadre de la succession du Sculpteur César.


Laissons la parole à la défense…Selon le Cabinet de Woert,  »l’article du journal Libération sur la succession du sculpteur César, qui avait déjà été l’objet d’un article du même journal il y a plus de deux ans, est gravement erroné dans son contenu. Dans ce dossier, Eric Woerth, lorsqu’il était ministre du Budget, a strictement suivi la proposition de l’administration fiscale, qui elle même tirait les conséquences d’une décision de justice. Contrairement aux insinuations et aux erreurs de l’article du journal Libération, tout a été fait dans le respect du droit fiscal. Sur ce sujet comme sur d’autres, il ne suffit pas de prétendre qu’il y a une « affaire » pour que ce soit le cas. »



Antoine Chatain, avocat d’Alain-Dominique Perrin (exécutant testamentaire de César), indique quant à lui :  »Compte tenu du caractère majeur de l’oeuvre de César, il n’y a rien d’étonnant à ce que des discussions aient pu avoir lieu au plus haut niveau de l’Etat, et ce sans qu’aucune conclusion puisse en être tirée. « 

...Avant de tirer, une fois de plus, sur l’ambulance Woerth.

Ne croyez pas que je prenne la défense du Ministre de l’optimisation fiscale des riches rentiers de la République. En fait, ça en devient lassant de tirer à boulets rouges sur lui. Il s’accroche désespérément à une position intenable car si la digue Woerth cède, tout le « Sarko système » s’écroulera. D’où toujours cette même antienne psalmodiée à l’envie depuis deux mois :  » ce ne sont que des allégations sans fondement.  » Technique de l’Autruche qui ne résiste pas à l’épreuve des faits. Toutes les affaires mises au jour par la Presse (qui semble, soit dit en passant, enfin sortie de sa torpeur des 3 premières années de Sarkozye) repose sur des éléments tangibles, recoupés, démontrés et parfois validés par décision de justice (les écoutes dans l’affaire Bettencourt).

Pour le cas spécifique de la succession Cesar, la défense d’Alain-Dominique Perrin, Président de la Fondation Cartier et généreux donateur de l’UMP (il a reçu la Légion d’Honneur en 2009; toute similitude avec des faits démontrés dans une autre affaire étant purement fortuite, hein ?) est par ailleurs totalement disqualifiée. En effet, le dégrèvement de 27 millions d’euros serait justifié au regard du caractère majeur de l’oeuvre de César. Les rentiers de l’Etat UMP osent tout ! C’est d’ailleurs à ça qu’on les reconnait… Ainsi, parce que César était un artiste de renom, dont le talent fut reconnu mondialement, il faudrait que ses héritiers bénéficient de largesse de l’Etat et donc du contribuable (qui paie pour ceux qui ne paient pas) !? Ah, je ne savais pas que sa veuve, sa maîtresse et sa fille (les héritiers) avaient toutes travaillé d’arrache-pied dans les ateliers du maître pour l’aider à concevoir ses sculptures. A moins qu’il y ait une niche fiscale qui reconnaisse le statut particulier au regard de l’impôt des Muses d’artistes ? Nous sommes, une fois de plus, en plein foutage de gueule.

Au-delà de ce nouvel épisode lamentable de la chronique quotidienne de la Sarkozye, quelle conclusion politique en tirer ? Je crois profondément qu’il faut désormais combattre de toutes nos forces les déviances du capitalisme des rentiers, des héritiers et des privilèges. Dans la perspective de 2012, il est de la responsabilité des forces politiques de gauche et de progrès de nous proposer un projet qui en finisse avec cette société des inégalités croissantes promue, voulue par le néoconservateur Sarkozy.




Les roms : le cynisme de Sarkozy & co. sans limite

30 juillet 2010


 

 

Plus de 400 000 gens du voyage sont recensés en France selon un rapport de 1990 : 95 % d’entre eux sont des Français et un tiers des nomades. Les Roms, qui sont des Tziganes de nationalité roumaine, bulgare et d’Europe centrale, forment une minorité, 20 000 âmes tout au plus. Une minorité qui vit le plus souvent des situations d’une extrême précarité matérielle et professionnelle. A Bondy, en juin 2009, sur les quais du canal de l’Ourcq, une communauté s’était installée dans des conditions déplorables (absence d’eau potable, abris en cartons de récupération, aucune évacuation des détritus). A cela s’ajoutaient les passants qui les dévisageaient avec mépris, les riverains qui voulaient les voir partir au plus vite par peur de la mendicité et du vol. Inutile de vous dire que leur expulsion par les forces de l’ordre s’était faite manu militari…



Pourtant, ces gens extrêmement pauvres n’ont strictement rien à voir avec les responsables des exactions de Saint-Aignan. Ces gens ne possèdent pas de grosses voitures allemandes et sont bien en peine de frauder le fisc puisqu’ils sont dans une situation de total dénuement. Mais voilà, dans son cynisme politicien si caractéristique, Sarkozy, accompagné de ses affidés Hortefeux, Besson et Lellouche a tout de suite vu l’aubaine électoraliste et populiste. Les « honnêtes gens » ont toujours peur des voleurs de poule tziganes, c’est tout bon pour rameuter l’opinion publique droitiste, frontiste et réac’. On serre les rangs bien à droite et on jette un énième écran de fumé sur le mode de ce que l’on a connu avec l’identité nationale, les petites phrases scandaleuses de plusieurs membres du gouvernement et la burqa.


Qu’importe. La Mère Michu votera en 2012 pour bouter hors de France ceux qui volent le pain des bons français. Et qu’importe que Sarkozy serve cette soupe immonde depuis 2002 sans effet positif notable sur la tranquillité publique, il s’agira de siphonner encore les voix du FN. Madame Michu vous dira d’ailleurs que « lui au moins il essaie de faire quelque chose mon bon monsieur, c’est pas comme ces gauchistes pédés, bobos, black et beurs. »


Et en 2007, Sarkozy avait su séduire le monde ouvrier avec son « travailler plus pour gagner plus ». En 2012, il ne pourra pas servir de nouveau cette fable. Mais, il pourra leur expliquer qu’il est le dernier rampart contre ces tziganes en Mercedes, eux qui ont des fins de mois difficiles. L’autre, celui qui est différent, c’est le danger, l’ennemi. Un tel cynisme abject, en temps de crise, ça peut être une « bonne » planche de salut électoral. Qu’importe que les gens du voyage qui ont des voitures allemandes et des caravanes soient français, paient des impôts et ont des activités professionnelles déclarées. L’amalgame aura été fait. Au fait, tracter une caravane avec une Twingo, vous avez essayé ?


Toutefois, il ne faut pas nier certaines difficultés. Les familles de gens de voyage s’installent parfois où elles peuvent, sur des terrains sauvages, un triangle d’autoroute ou un stade de foot. Ou alors elles restent sur l’aire d’accueil pour ne pas se faire piquer la place, comme il manque des places ailleurs. Les maires ensuite ne comprennent pas : gens du voyage ou sédentaires ? Ces populations veulent rester mobiles pour des raisons culturelles et économiques. Il faudrait alors mieux appliquer la loi Besson de 1990 (du nom de Louis Besson, le ministre du logement de l’époque) sur les aires d’accueil. Or, par rapport aux objectifs du législateur, on est à 40% de réalisation au bout de 20 ans…