insécurité

Réflexion sur la sécurité

28 mars 2012

Dès le dénouement du drame de Toulouse, le « président-candidat » est prestement redevenu le candidat tout court. Après que Mr Sarkozy ait pendant trois jours fait preuve d’une authentique émotion, le naturel est revenu au galop après l’élimination du tueur et notre chef de l’état compte engranger un maximum de capital politique  en reprenant la main sur le terrain de la sécurité. Ah quel bonheur d’avoir une telle occasion à exploiter: encore plus belle que les échauffourées de la gare du Nord en 2007 ou l’agression de Papy Voise en 2002 ! Revoilà le Président-protecteur qui rassure les français, reprend le devant de la scène, fait oublier la crise économique et sociale, et roule ma poule, c’est gagné pour mai 2012.

Oui, mais..

Et si notre président se trompait du tout au tout sur la sécurité et les préoccupations réelles des français en la matière ? Pour 99% d’entre eux, quelle que soit leur confession ou leur statut social, l’insécurité première n’est pas le terrorisme.

Rappelons  que la France n’a pas connu de mort par terrorisme depuis décembre 1996 (attentat du RER Saint Michel) et saluons au passage l’efficacité des services de renseignement intérieur et des polices anti-terroristes, ainsi que du RAID (fondé en 1985 sous François Mitterrand), du GIPN et du GIGN. Quand on laisse ces services faire tranquillement leur métier au lieu de leur faire espionner des journalistes, ces policiers sont parmi les meilleurs du monde. Ces mêmes policiers auraient d’ailleurs traité l’affaire de Toulouse avec la même efficacité quel que soit le chef de l’état.

Je ne connais personne dans mon quartier, dans ma famille, dans mon entourage qui tremble nuit et jour à l’idée d’une bombe islamiste. Dans mon quartier, dans mon entourage, ce qu’on craint réellement, c’est:

- Le voleur à l’arraché qui saisit le sac à main d’une personne âgée,

- L’escroc qui détourne le code de votre carte de crédit et assèche votre compte,

-  La voiture bélier qui défonce le mur de la banque ou les braqueurs qui tirent sur tout ce qui bouge,

- Le déséquilibré ou les ados inconscients qui mettent le feu dans la cage d’escalier ,

- Les petits voyous qui vendent du cannabis ou du crack dans leur escalier et intimident les résidents de la cité,

- Les voleurs à la roulotte qui cassent la vitre de voiture pour prendre le GPS,

- Les pickpockets du métro ou de la voie publique

 Et dans la deuxième division de la voyoucratie: les vandales d’abribus, les tagueurs, les renverseurs de poubelles, les pollueurs de voie publique, les allumés de l’autoradio, les motards en rodéo et tous ces minables qui se croient beaux lorsqu’ils empoisonnent leurs contemporains et dégradent leur propre milieu de vie.

Ce banditisme du quotidien ne peut pas être traité par le RAID ou la BAC mais par des flics de terrain travaillant au contact des populations. Ce sont ces flics de terrain que Sarkozy a rayé d’un trait de plume en 2007 et qu’il n’a pas l’intention de rétablir car ce sont des fonctionnaires et les fonctionnaires c’est mal et il faut les réduire. Au fait, quels sont les effectifs du commissariat de Neuilly sur Seine  comparés à ceux du commissariat de Bondy, pour une population à peu près équivalente ?

Sarkozy a fait de « banlieue » un gros mot : la balle est dans le camp Hollande

13 mars 2012

Par Daniel Goldberg, député de Seine-Saint-Denis, auteur de « Ici, le futur a commencé » (Ed Tallandier – 2012), et Stéphane Troussel, 1er vice-président du Conseil général de Seine-Saint-Denis et conseiller municipal de La Courneuve

« Racaille », « kärcher », ces mots resteront comme symboliques de la considération de Nicolas Sarkozy pour les quartiers populaires. Deux élus de Seine-Saint-Denis – Daniel Goldberg et Stéphane Troussel appellent la gauche à reprendre les choses en mains.

 Dans deux mois,la France aura choisi son nouveau président dela République. Si la campagne délibérément violente et agressive du candidat sortant ne doit pas surprendre, le glissement assumé vers les limites extrêmes de la droite est en revanche dangereux à plus d’un titre.

En faisant une nouvelle fois l’amalgame entre les citoyens français musulmans, une immigration qui serait par nature incontrôlée et la fragilisation de notre pacte national, en dénonçant les corps intermédiaires accusés de « confisquer » la parole des Français, Nicolas Sarkozy peut toujours espérer un sursaut électoral. Mais il aura porté un nouveau coup à celles et à ceux qui vivent dans nos quartiers populaires et qui, quels que soient leurs origines ou leurs parcours, sont toujours vus comme étant à la marge de notre pays alors qu’ils exigent simplement l’Égalité.

La stigmatisation comme mode d’expression

Depuis le temps où il était ministre de l’Intérieur, la stigmatisation des banlieues et de leurs habitants n’a rien perdu de sa violence. Au contraire, celle-ci est devenue un mode d’expression, à tel point que son successeur Claude Guéant veut sans doute se montrer plus qu’un disciple. À La Courneuve, personne n’a oublié l’exploitation par le ministre d’alors de la mort d’un en enfant en 2005 dans le seul but de mieux se positionner pour la suite de son parcours.

Aujourd’hui, les excès constants du quinquennat finissant achèvent de banaliser ces discours. Et, par conséquent, de renforcer le discrédit dont souffre la politique dans les quartiers populaires, cette idée d’un « eux » et d’un « nous » qui vient saper les bases de la cohésion nationale.

C’est d’autant plus vrai que le manque d’engagements financiers hors des rénovations du bâti, mais surtout l’absence de reconnaissance du solde positif que ces villes apportent dès aujourd’hui au développement du pays, n’auront engendré que désillusions et, au final, frustrations.

Alors que la participation à l’élection présidentielle de 2007 avait été forte dans les quartiers populaires, elle n’a cessé de régresser depuis, y compris lors des primaires socialistes. Et les inscriptions sur les listes électorales y ont été moins massives fin 2011.

Pour la France, c’est dans les quartiers populaires que tout se joue

C’est pourquoi, dans sa rencontre avecla France, François Hollande a un rendez-vous particulier avec les habitants des quartiers populaires. D’abord parce que leur vote n’est acquis par principe à personne. Pour gagner, pour réussir et transformer durablement notre société,la Gauchea l’obligation de redonner confiance et espoir à tous ceux – jeunes et moins jeunes, salariés, commerçants, chômeurs et retraités – qui ici doutent et s’interrogent sur la politique. Non par seul souci électoral à court terme, mais comme levier de transformation et de redressement durables de l’ensemble de notre pays.

La ségrégation continue de marquer nos quartiers au fer rouge et enferre leurs populations dans un statut de non reconnaissance, au mépris des multiples compétences qu’ils recèlent. Les développements économiques exogènes que l’on y rencontre parfois avec de grandes entreprises qui s’installent sans aucun recrutement local en sont un bon exemple. Or, nos territoires détiennent les clefs de notre destin collectif. Pourla France, c’est dans ces villes, c’est dans un département commela Seine-Saint-Denis que tout se joue !

 La Gauche doit réussir

Personne ne peut ignorer les représentations négatives qui s’attachent à nos villes et les difficultés bien réelles qui s’éternisent, du chômage de masse à l’insécurité, de la crise du logement à un plus grand échec scolaire, … C’est donc justement ici en priorité quela Gauchedoit montrer qu’elle peut, qu’elle doit réussir. Que la promesse d’égalité de notre République a toujours un sens. Que nous pouvons encore faire société commune, quelles que soient nos différences d’origine, de milieux sociaux, de couleur de peau ou de religion.

Sur cette terre-vivier, les initiatives, les innovations fleurissent et contribuent, jour après jour, à faire bouger les lignes. Des pratiques alternatives émergent, différents acteurs se mobilisent, des solutions nouvelles sont élaborées entre les pouvoirs et les citoyens. Le dynamisme démographique qui fait tant défaut dans un pays qui vieillit, les espaces disponibles pour accueillir des villes intenses et durables, le métissage des populations qui sera la norme de demain, la créativité, l’inventivité : telle est déjà la réalité de ce territoire, dontla Francene peut tout simplement se priver sous peine de régresser.

Aujourd’hui déjà, le quotidien de nos quartiers a des conséquences évidentes et immédiates sur la nation tout entière : quand les trains sont bloqués en Seine-Saint-Denis, c’estla Défensequi se paralyse !

 C’est donc ici que la Gauche sera en premier lieu jugée sur sa capacité à recoudre les fissures de la société française et à résoudre ses contradictions. Nos quartiers populaires, leurs habitants ne sont pas un fardeau. Ils sont au contraire le moyen pourla France de repartir de l’avant, avec un modèle social renouvelé, une France qui pourra enfin s’assumer telle qu’elle est en réalité, diverse, mais unie autour de nos valeurs communes.

Avec François Hollande, nous voulons donner corps à cette conviction. C’est une des clefs de la victoire du printemps prochain. C’est avant tout le moyen pour redresser et rassemblerla Francedans un siècle qu’elle ne finit pas de commencer.

[1] D. Goldberg et S. Troussel « L’Exploitation sarkozienne du drame des 4000″ – Libération, 23 juin 2005

 

Christian ESTROSI, le ministre-maire aux colts d’or

16 août 2010

Rien n’arrêtera les outrances des cadres ou ministres de l’UMP. Signe d’une grande nervosité au fur et à mesure que les mois passent et les rapprochent de l’échéance 2012.

Il faut dire , pour leur défense, qu’ils n’ont pas la tâche facile, car au moindre fait divers, ici ou là en France, leur président de l’UMP, Nicolas SARKOZY va commenter, conspuer, utiliser ses fonctions de président de la République pour renvoyer tout préfet qu’il juge incapable; mais rien n’y fait, la délinquance continue inexorablement à croître !

Que dire, que faire pour endiguer le marasme sans déplaire à leur président? Allez plus loin, plus en excès. Et là, Christian ESTROSI va finir par être un champion: un maire aux colts d’or, il fait si peu confiance à l’ETAT qu’il a désormais sous sa coupe une police municipale supérieure en nombre à la police nationale; et les caméras sont parmi le nombre le plus important en Europe…Rien que çà.

Pour autant ‘insécurité et la petite délinquance sont aussi présentes dans cette ville du midi. Il y a de la délinquance, allez, pour « l’homme aux colts d’or » il faut sanctionner les maires…de gauche naturellement. Si la délinquance augmente c’est de leur faute, ben voyons!

Il s’en prend à notre collègue le maire de Grenoble, puis bien sûr à notre première secrétaire, Martine AUBRY, maire de LILLE.

La bonne affaire ! Sauf que M. ESTROSI n’a pas bien étudié son dossier et les actions des maires de gauche pour la tranquillité publique.

Mais il faut un coupable pour masquer les propres turpitudes de la droite. Au fait M.ESTROSI, pour les logements sociaux, l’article 55 de la Loi SRU impose à tous les maires de construire au moins 20% de logements sociaux, qu’allez vous faire avec Eric RAOULT ou le maire de Neuilly sur Seine ? Rien bien sûr, là n’est pas le sujet paraît-il…

Article du JDD du 15-08-10

La tranquillité publique : une question sécuritaire ?

24 juillet 2010


Les événements récents en Isère et dans le Loir-et-Cher ont incité le Président de la République a prendre une décision nouvelle, une initiative qui va améliorer le vivre ensemble : changer de Préfet ! 

Flop et encore flop d’une politique sans perspective, sans fondement, d’un gouvernement aux abois.

Eric Le Douaron deviendra Préfet de l’Isère le 30 juillet, policier de métier à l’image du Préfet de Seine Saint Denis, Christian Lambert, ancien chef du Raid. Quelle est donc cette manie qui consiste à dire :  « cela ne fonctionne pas, alors je change de Préfet » . Le Préfet n’est que l’émanation du gouvernement, son digne représentant, c’est un fonctionnaire qui met en œuvre la politique de l’Etat.

Le problème n’est pas le Préfet mais bien la politique de Nicolas Sarkozy, il serait bien inspiré d’en prendre conscience et de la …modifier !

Je vois 2 éléments constitutifs de cette surenchère tonitruante :

  • Nicolas Sarkozy est en campagne électorale et veut envoyer des signes à son électorat sur la question sécuritaire
  • Il s’est embourbé dans son aveuglement à ne traiter la question de la tranquillité publique qu’à travers le prisme de la répression.

Il annonce  « la tolérance zéro », «  la guerre », le « kärcher » etc etc….

Pourtant, il réduit chaque année de manière considérable les fonctionnaires en charge de l’ensemble des services publics inhérents au vivre ensemble (ordre public, éducation, emploi, santé).

La politique de la ville n’est qu’un concept vaseux pour lui, incarnée par Fadela Amara, elle-même en perdition absolue  avant même d’entrer dans ce gouvernement de droite pure.

Non, la politique qu’attendent nos concitoyens ne peut se résumer à des annonces ou à des opérations coup de poing, c’est un leurre !

Il convient de faire une analyse globale, de prendre des décisions à court terme et de s’attaquer avec détermination aux causes de la montée de l’insécurité, qui est un problème du système accentué par la crise que nous traversons et par la politique du gouvernement.

Bien entendu, les citoyens attendent des mesures immédiates et il faut en prendre mais ce serait leur mentir que de prétendre que la réponse est uniquement une réponse sécuritaire, de proximité ou pas d’ailleurs !

Plus que des déclarations de principe, il est temps de mettre en place une politique volontariste pour permettre une véritable cohésion nationale.

Le fait de concentrer dans les quartiers, dont l’urbanisme et l’habitat posent déjà problème, des populations subissant le chômage (plus de 43% chez les jeunes de 16 à 24 ans), la précarité, les discriminations sociales, ethniques, ne peut que conduire à des explosions de violences, à la rupture du lien social et à l’abandon de toute appartenance citoyenne.

En rattachant des jeunes nés en France à la migration de leurs parents, en les renvoyant sans cesse à leurs origines, la France ne leur permet pas de se construire une identité propre.

Combien de temps encore allons nous continuer à renvoyer une partie de la population française à une appartenance étrangère ?

La société française est traversée par des crispations, un sentiment de rejet et de peur

On s’étonne de la violence et des difficultés d’une partie de notre jeunesse dont on a organisé la relégation systématique et pour laquelle la disproportion affichée entre ce que notre pays promet et ce qu’il fait concrètement, est vécue comme un véritable mépris.

Nous avons à faire à des inégalités structurelles et systémiques qui se reproduisent de génération en génération.

Les quartiers sensibles sont devenus de véritables ghettos.

L’éducation, la santé, l’aménagement du territoire, la formation, l’emploi, la mixité sociale, doivent être revus et corrigés.

Il faut souligner l’effort important des collectivités locales pour favoriser l’inclusion des jeunes dans la vie de la cité (et non des cités) mais la responsabilité est régalienne, c’est à l’Etat d’engager le processus de développement d’une communauté de destin apaisée.

Il faut créer un contrat du vivre ensemble qui donne des perspectives aux jeunes en particulier et à la population en général.

Etre ferme et sanctionner les actes hors-la-loi mais permettre une insertion sociale permanente.

Aujourd’hui, nos prisons sont « des écoles du crime et de l’humiliation ». Elles provoquent l’effet inverse de ce que doit rechercher une société sereine : la justice, la cohésion et la projection.

Même la police descend dans la rue !

7 décembre 2009

Aujourd’hui les policiers manifestent « leur immense ras-le-bol » !

A cette occasion, les représentants des forces de l’ordre ont remis une « lettre aux citoyens » afin de nous alerter sur l’entreprise de démolition (une de plus) d’un service public supplémentaire, la Police Nationale.

A l’heure où le gouvernement de droite fourbit son discours populiste et électoraliste en agitant le chiffon rouge de l’identité nationale, à l’heure où ce même gouvernement essaie de nous « vendre » comme nouvelle avancée sécuritaire la vidéosurveillance, les policiers dénoncent la politique du chiffre, un ministre de l’intérieur déconnecté des réalités de terrain, une exposition permanente aux violences dans un contexte de baisse systématisée des effectifs. In fine, c’est la sécurité des citoyens qui est en danger à cause de la politique de M.Sarkozy.

A l’image de l’éducation nationale et de la Poste, ce gouvernement a décidé de détruire systématiquement une certaine idée du service public fait pour le plus grand nombre, pour les plus faibles, partout sur le territoire. Boulevard Saint-Germain et sur les Champs – Élysées, où vivent nos élites, la police est visible. Qu’en est-il dans nos quartiers ? La police de proximité a été purement et simplement supprimée. Après plusieurs années d’une politique contre-productive,  voilà que Monsieur Hortefeux et son inspirateur, le Président Sarkozy, nous proposent la vidéosurveillance. Ils « oublient » au passage de dire qu’elle est déjà déployée dans les communes, financée le plus souvent sur des budgets de collectivités et bien entendu, même si elle est nécessaire et dissuasive, elle ne remplace pas la présence de policiers.

Il est temps que les masques tombent ! Monsieur Sarkozy s’est fait élire sur son image de « 1er flic de France » et, depuis lors, il ne cesse de vanter le recul de l’insécurité. Thème épuisé jusqu’à la corde puisque dans tous les autres domaines de la politique gouvernementale, il va, de manière évidente, d’échec en échec. Mais comment peut-on encore le croire alors que même les fonctionnaires de police dénoncent l’incurie gouvernementale en matière de sécurité ?

Comment peut on encore le croire, quand sa ministre chargée du Plan Banlieue avoue que les moyens donnés sont très faibles et que l’emploi, la mixité sociale, l’éducation, l’insertion, le pouvoir d’achat qui sont des leviers déterminants pour lutter contre l’insécurité, sont méprisés par le gouvernement de droite !

La sécurité est un enjeu politique des plus importants, il doit être abordé avec sérieux et responsabilité, dans une approche globale.

M.Sarkozy traite cette question cruciale uniquement en terme de variable d’ajustement électoral, créant les peurs et alimentant la division et l’exclusion.

Les policiers eux mêmes lui disent STOP !

Laurent QUINET