insécurité

La tranquillité publique : une question sécuritaire ?

24 juillet 2010


Les événements récents en Isère et dans le Loir-et-Cher ont incité le Président de la République a prendre une décision nouvelle, une initiative qui va améliorer le vivre ensemble : changer de Préfet ! 

Flop et encore flop d’une politique sans perspective, sans fondement, d’un gouvernement aux abois.

Eric Le Douaron deviendra Préfet de l’Isère le 30 juillet, policier de métier à l’image du Préfet de Seine Saint Denis, Christian Lambert, ancien chef du Raid. Quelle est donc cette manie qui consiste à dire :  « cela ne fonctionne pas, alors je change de Préfet » . Le Préfet n’est que l’émanation du gouvernement, son digne représentant, c’est un fonctionnaire qui met en œuvre la politique de l’Etat.

Le problème n’est pas le Préfet mais bien la politique de Nicolas Sarkozy, il serait bien inspiré d’en prendre conscience et de la …modifier !

Je vois 2 éléments constitutifs de cette surenchère tonitruante :

  • Nicolas Sarkozy est en campagne électorale et veut envoyer des signes à son électorat sur la question sécuritaire
  • Il s’est embourbé dans son aveuglement à ne traiter la question de la tranquillité publique qu’à travers le prisme de la répression.

Il annonce  « la tolérance zéro », «  la guerre », le « kärcher » etc etc….

Pourtant, il réduit chaque année de manière considérable les fonctionnaires en charge de l’ensemble des services publics inhérents au vivre ensemble (ordre public, éducation, emploi, santé).

La politique de la ville n’est qu’un concept vaseux pour lui, incarnée par Fadela Amara, elle-même en perdition absolue  avant même d’entrer dans ce gouvernement de droite pure.

Non, la politique qu’attendent nos concitoyens ne peut se résumer à des annonces ou à des opérations coup de poing, c’est un leurre !

Il convient de faire une analyse globale, de prendre des décisions à court terme et de s’attaquer avec détermination aux causes de la montée de l’insécurité, qui est un problème du système accentué par la crise que nous traversons et par la politique du gouvernement.

Bien entendu, les citoyens attendent des mesures immédiates et il faut en prendre mais ce serait leur mentir que de prétendre que la réponse est uniquement une réponse sécuritaire, de proximité ou pas d’ailleurs !

Plus que des déclarations de principe, il est temps de mettre en place une politique volontariste pour permettre une véritable cohésion nationale.

Le fait de concentrer dans les quartiers, dont l’urbanisme et l’habitat posent déjà problème, des populations subissant le chômage (plus de 43% chez les jeunes de 16 à 24 ans), la précarité, les discriminations sociales, ethniques, ne peut que conduire à des explosions de violences, à la rupture du lien social et à l’abandon de toute appartenance citoyenne.

En rattachant des jeunes nés en France à la migration de leurs parents, en les renvoyant sans cesse à leurs origines, la France ne leur permet pas de se construire une identité propre.

Combien de temps encore allons nous continuer à renvoyer une partie de la population française à une appartenance étrangère ?

La société française est traversée par des crispations, un sentiment de rejet et de peur

On s’étonne de la violence et des difficultés d’une partie de notre jeunesse dont on a organisé la relégation systématique et pour laquelle la disproportion affichée entre ce que notre pays promet et ce qu’il fait concrètement, est vécue comme un véritable mépris.

Nous avons à faire à des inégalités structurelles et systémiques qui se reproduisent de génération en génération.

Les quartiers sensibles sont devenus de véritables ghettos.

L’éducation, la santé, l’aménagement du territoire, la formation, l’emploi, la mixité sociale, doivent être revus et corrigés.

Il faut souligner l’effort important des collectivités locales pour favoriser l’inclusion des jeunes dans la vie de la cité (et non des cités) mais la responsabilité est régalienne, c’est à l’Etat d’engager le processus de développement d’une communauté de destin apaisée.

Il faut créer un contrat du vivre ensemble qui donne des perspectives aux jeunes en particulier et à la population en général.

Etre ferme et sanctionner les actes hors-la-loi mais permettre une insertion sociale permanente.

Aujourd’hui, nos prisons sont « des écoles du crime et de l’humiliation ». Elles provoquent l’effet inverse de ce que doit rechercher une société sereine : la justice, la cohésion et la projection.

Même la police descend dans la rue !

7 décembre 2009

Aujourd’hui les policiers manifestent « leur immense ras-le-bol » !

A cette occasion, les représentants des forces de l’ordre ont remis une « lettre aux citoyens » afin de nous alerter sur l’entreprise de démolition (une de plus) d’un service public supplémentaire, la Police Nationale.

A l’heure où le gouvernement de droite fourbit son discours populiste et électoraliste en agitant le chiffon rouge de l’identité nationale, à l’heure où ce même gouvernement essaie de nous « vendre » comme nouvelle avancée sécuritaire la vidéosurveillance, les policiers dénoncent la politique du chiffre, un ministre de l’intérieur déconnecté des réalités de terrain, une exposition permanente aux violences dans un contexte de baisse systématisée des effectifs. In fine, c’est la sécurité des citoyens qui est en danger à cause de la politique de M.Sarkozy.

A l’image de l’éducation nationale et de la Poste, ce gouvernement a décidé de détruire systématiquement une certaine idée du service public fait pour le plus grand nombre, pour les plus faibles, partout sur le territoire. Boulevard Saint-Germain et sur les Champs – Élysées, où vivent nos élites, la police est visible. Qu’en est-il dans nos quartiers ? La police de proximité a été purement et simplement supprimée. Après plusieurs années d’une politique contre-productive,  voilà que Monsieur Hortefeux et son inspirateur, le Président Sarkozy, nous proposent la vidéosurveillance. Ils « oublient » au passage de dire qu’elle est déjà déployée dans les communes, financée le plus souvent sur des budgets de collectivités et bien entendu, même si elle est nécessaire et dissuasive, elle ne remplace pas la présence de policiers.

Il est temps que les masques tombent ! Monsieur Sarkozy s’est fait élire sur son image de « 1er flic de France » et, depuis lors, il ne cesse de vanter le recul de l’insécurité. Thème épuisé jusqu’à la corde puisque dans tous les autres domaines de la politique gouvernementale, il va, de manière évidente, d’échec en échec. Mais comment peut-on encore le croire alors que même les fonctionnaires de police dénoncent l’incurie gouvernementale en matière de sécurité ?

Comment peut on encore le croire, quand sa ministre chargée du Plan Banlieue avoue que les moyens donnés sont très faibles et que l’emploi, la mixité sociale, l’éducation, l’insertion, le pouvoir d’achat qui sont des leviers déterminants pour lutter contre l’insécurité, sont méprisés par le gouvernement de droite !

La sécurité est un enjeu politique des plus importants, il doit être abordé avec sérieux et responsabilité, dans une approche globale.

M.Sarkozy traite cette question cruciale uniquement en terme de variable d’ajustement électoral, créant les peurs et alimentant la division et l’exclusion.

Les policiers eux mêmes lui disent STOP !

Laurent QUINET