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Woerth plus que jamais Ministre des rentiers

4 août 2010
Lecture de Libé ce matin : en 2008, Eric Woerth a consenti 27 millions d’euros d’allègements fiscaux dans le cadre de la succession du Sculpteur César.


Laissons la parole à la défense…Selon le Cabinet de Woert,  »l’article du journal Libération sur la succession du sculpteur César, qui avait déjà été l’objet d’un article du même journal il y a plus de deux ans, est gravement erroné dans son contenu. Dans ce dossier, Eric Woerth, lorsqu’il était ministre du Budget, a strictement suivi la proposition de l’administration fiscale, qui elle même tirait les conséquences d’une décision de justice. Contrairement aux insinuations et aux erreurs de l’article du journal Libération, tout a été fait dans le respect du droit fiscal. Sur ce sujet comme sur d’autres, il ne suffit pas de prétendre qu’il y a une « affaire » pour que ce soit le cas. »



Antoine Chatain, avocat d’Alain-Dominique Perrin (exécutant testamentaire de César), indique quant à lui :  »Compte tenu du caractère majeur de l’oeuvre de César, il n’y a rien d’étonnant à ce que des discussions aient pu avoir lieu au plus haut niveau de l’Etat, et ce sans qu’aucune conclusion puisse en être tirée. « 

...Avant de tirer, une fois de plus, sur l’ambulance Woerth.

Ne croyez pas que je prenne la défense du Ministre de l’optimisation fiscale des riches rentiers de la République. En fait, ça en devient lassant de tirer à boulets rouges sur lui. Il s’accroche désespérément à une position intenable car si la digue Woerth cède, tout le « Sarko système » s’écroulera. D’où toujours cette même antienne psalmodiée à l’envie depuis deux mois :  » ce ne sont que des allégations sans fondement.  » Technique de l’Autruche qui ne résiste pas à l’épreuve des faits. Toutes les affaires mises au jour par la Presse (qui semble, soit dit en passant, enfin sortie de sa torpeur des 3 premières années de Sarkozye) repose sur des éléments tangibles, recoupés, démontrés et parfois validés par décision de justice (les écoutes dans l’affaire Bettencourt).

Pour le cas spécifique de la succession Cesar, la défense d’Alain-Dominique Perrin, Président de la Fondation Cartier et généreux donateur de l’UMP (il a reçu la Légion d’Honneur en 2009; toute similitude avec des faits démontrés dans une autre affaire étant purement fortuite, hein ?) est par ailleurs totalement disqualifiée. En effet, le dégrèvement de 27 millions d’euros serait justifié au regard du caractère majeur de l’oeuvre de César. Les rentiers de l’Etat UMP osent tout ! C’est d’ailleurs à ça qu’on les reconnait… Ainsi, parce que César était un artiste de renom, dont le talent fut reconnu mondialement, il faudrait que ses héritiers bénéficient de largesse de l’Etat et donc du contribuable (qui paie pour ceux qui ne paient pas) !? Ah, je ne savais pas que sa veuve, sa maîtresse et sa fille (les héritiers) avaient toutes travaillé d’arrache-pied dans les ateliers du maître pour l’aider à concevoir ses sculptures. A moins qu’il y ait une niche fiscale qui reconnaisse le statut particulier au regard de l’impôt des Muses d’artistes ? Nous sommes, une fois de plus, en plein foutage de gueule.

Au-delà de ce nouvel épisode lamentable de la chronique quotidienne de la Sarkozye, quelle conclusion politique en tirer ? Je crois profondément qu’il faut désormais combattre de toutes nos forces les déviances du capitalisme des rentiers, des héritiers et des privilèges. Dans la perspective de 2012, il est de la responsabilité des forces politiques de gauche et de progrès de nous proposer un projet qui en finisse avec cette société des inégalités croissantes promue, voulue par le néoconservateur Sarkozy.