Ou alors vous êtes comme moi, viscéralement attachés à l’écoute de la Radio. Car hier soir à 20 h 10, que vous allumiez TF1, France 2, TV5, I télé, BFM, LCI ou les chaînes parlementaires, vous ne pouviez que tomber sur le Président-candidat. C’est une habitude prise depuis 5 ans par Nicolas Sarkozy de réquisitionner l’audiovisuel public comme privé au service de sa communication. Comment ne pas s’alarmer de cette anomalie démocratique alors que la France se retrouve aujourd’hui à la 38ème place des pays respectant la liberté de la presse, selon le dernier classement établi par Reporters Sans Frontières.

Je m’amuse à l’avance de la séance du CSA quand ses membres vont devoir chronométrer ce qui relève de la parole présidentielle et de celle du candidat. Les Français, eux, savaient déjà, malgré le décorum et la stature olympienne de Nicolas Sarkozy, à qui ils avaient affaire.
Pour le reste, des annonces :
- La création d’une TVA Emploi (et pas d’une TVA sociale dont le Président-candidat jure qu’il n’a jamais prononcé le mot. Et pourtant si, entre les deux tours de la campagne présidentielle 2007). Cette TVA va pouvoir continuer à subventionner les grandes entreprises qui délocalisent et servent grassement leurs actionnaires. Augmentation de 1,6 point de TVA mais le Président nous assure qu’il n’y aura aucune conséquence sur les prix. Nous prend t-il pour des imbéciles ? la charge de cette hausse pour les familles, calculée par les unions de consommateurs, sera d’environ 300 euros par an.

- L’augmentation de 30 % de la surface constructible sur les terrains.
- La fin des 35 heures puisque les accords d’entreprise prévaudront sur la Loi, le tout présenté sous couvert de liberté des négociations entre employeurs et salariés. Comme si ces derniers n’étaient pas pieds et poings liés face à leur patron dans un contexte de crise économique et de chômage de masse.
- 13 milliards d’exonération de charges patronales, sans aucune contrepartie en terme d’emploi, comme d’habitude. Ce sont les PME et les TPE, qui créent des emplois et de la richesse collective, qu’il faut soutenir, pas les autres.
Nicolas Sarkozy égal à lui-même, pratiquant le pragmatisme jusqu’au cynisme. Les classes populaires et moyennes paieront, que voulez-vous elles sont plus nombreuses. Pas de relance de la consommation, pas de justice fiscale, rien sur la nécessaire équité entre les territoires, pas un mot sur l’égalité et la fraternité inscrites dans les gènes des Français et si fondamentales pour la destinée de notre pays.
Plouf !
législatives de 2012.
sur le livre.
le soldat israélien Gilad Shalit.

Martine Aubry,
